« Ce n‘est pas ce que pense les gens qui m’intéresse, mais de savoir pourquoi ils pensent ce qu’ils pensent, les raisons psychologiques, privées, qui les ont déterminés à adopter cette pensée ou l’autre. ... »
« Les petits malins réussissent, qui se plient aux événements. Ils suivent le courant le plus fort. Ainsi, ils sont toujours gagnants. Ils sont gagnants mais ils n’existent pas, ils ne sont pas puisqu’ils ne s’identifient qu’à des courant ; ils adoptent des formes ; ils sont informes. ... »
' Je crois que la littérature est névrose. S’il n’y a pas névrose, il n’y a pas de littérature. La santé n’est ni poétique ni littéraire. Elle ne permet pas le progrès non plus : elle ne demande « rien de plus, de mieux » ...'
Eugène Ionesco savait bien avant sa mort que ses pièces seraient en grande partie réécrites par les générations futures. Mes observations de ces dernières années ont toutefois révélé que nombre de références aux œuvres d'Eugène Ionesco, notamment à sa pièce « Rhinocéros », ne respectent plus l'esprit de l'œuvre. J'ai récemment pris connaissance du dernier exemple en date par le biais d'un journal régional. Une petite compagnie théâtrale a monté « Rhinocéros » et, en s'intéressant à un artiste qui a maintes fois mis en garde contre les idéologies, est tombée dans le piège de deux excès conformistes de notre époque.
« Mon père ne fut pas un opportuniste conscient, il croyait à l’autorité. Il respectait l’État. Il croyait à l’État quel qu’il fût. Je n’aimais pas l’autorité, je détestais l’État, je ne croyais pas à l’État, quel qu’il fût. Pour lui, dès qu’un parti prenait le pouvoir, il avait raison. C’est ainsi qu’il fut garde de fer, démocrate franc-maçon, nationaliste, stalinien. Toute opposition avait tort pour lui. Pour moi, toute opposition avait raison. »